A propos de moi ... 

qui suis je.jpg
identité_image.png
identité_image_2.png

Après la naissance de mon second fils, je rencontre une période difficile. Je crois manquer de temps pour tout : la famille, le travail, la maison, la vie sociale… Ah oui ! Il faut aussi du temps pour soi parait-il. Bref, je m’essouffle dans une vie que j’ai pourtant choisie. Quand il m’arrive de me plaindre, mon mari me répond souvent : « le problème c’est ta perception des choses ». Bon, entre nous, je le lui dis rarement, mais il a souvent raison. Je prends juste un certain temps à comprendre ce que lui a déjà compris.

Alors je plonge en moi-même et je me questionne. Je me demande même « c’est quoi la vie » ? Quitte à philosopher autant se poser de grandes questions non ? J’en arrive à une définition qui me semble bien correspondre :

« La vie est un prêt sans garantie, non renouvelable et à rendement variable. À nous de savoir, si nous investissons… En quoi nous investissons ? »

Je l’ai écrit et affiché sur le placard de ma chambre. En quoi dois-je investir ? La question m’obsède.

En apparence, je ne montre rien, mais au fond de moi, je sombre dans les profondeurs d’un silencieux mal-être. Je redouble d’effort pour « gérer le quotidien », mais je m’épuise.

Puis je commence à consommer à outrance des vidéos de développement personnel en quête d’une formule magique, d’une stratégie à appliquer. Je n’ai pas trouvé la méthode idéale, mais je prends conscience progressivement que la solution, c’est en moi que je dois la trouver.

Je décide alors d’investir dans mon bien-être pour retrouver l’énergie qui me manque. Je fais du sport tard le soir et de la méditation tôt le matin. Ma perception évolue. Mon champ des possibles s’élargit. Le temps que je pensais ne pas avoir, aujourd’hui je le trouve, je l’investis et je l’optimise.

J’ai enfin réussi à trouver un équilibre. Je me suis même inscrite à une activité sportive et culturelle. Impensable, il y a un an !

Je me lance dans des actions concrètes pour mettre ma vie en cohérence avec mes nouvelles aspirations.

Mais, la question affichée sur le placard de ma chambre, m’obsède toujours. Quelle brèche intérieure n’ai-je pas réussi à colmater ? En quoi dois-je investir maintenant ? Nouvelle introspection. J’ai repensé à mes rêves de petite fille que j’avais laissés sur le bord de la route. J’ai fait une liste. Tous irréalisables pour le moment. J’ai tout rayé.

Mais, au fond de moi, je ressens comme un fourmillement. Une sensation insaisissable. Le sentiment d’une urgence, celle de vivre pleinement. Après tout, cette vie n’est qu’un prêt dont on ne connaît pas les modalités exactes.

Je me suis demandé « et si le contrat s’arrêtait demain ? Qu’est-ce que je laisserai derrière moi ? Quelle image mes enfants garderont de moi ? Quels seront mes regrets ? ».

J’ai donc reconsidéré ma première liste, je voulais devenir écrivain un jour. J’ai toujours été fascinée par les mots, leur poésie, leur profondeur, leur magie. Alors pourquoi ne pas commencer par-là ? Qu’est-ce qui me freine ?

Le temps ! Je n’ai vraiment plus le temps maintenant : travail, vie de famille, vie sociale et en plus maintenant j’ai des loisirs… Ce n’est pas possible ! Je risque de fragiliser mon nouvel équilibre. Mieux vaut laisser ce projet pour plus tard, quand je serais à la retraite par exemple. Aussi, je ne sais pas quoi écrire, la dernière fois que j’ai écrit j’étais adolescente, je me réfugiais dans l’écriture pour exprimer ce qui n’allait pas. C’était comme une sorte de catharsis.

Mais un après-midi, j’ai arrêté de me poser trop de questions, je me suis installée, par terre, au milieu de mon salon et j’ai commencé à écrire. Le défi est lancé. Je me suis enfermée dans une bulle et j’ai produit deux pages seulement après 5 ou 6 heures d’écriture. Rien d’extraordinaire. Mais j’y ai pris un tel plaisir que j’ai poursuivi l’expérience. Et arriva ce qui devait arriver.

Juste-là, au bout de mes doigts, des personnages prennent vie, une histoire prend forme. J’y passe mes week-ends. Plus de vie sociale. 24 heures, ce n’est plus suffisant. J’ai commencé à me lever très tôt le matin pour écrire quelques heures avant le réveil des enfants, avant d’aller au travail. Terminé la méditation et les heures de vélo elliptique.

Progressivement je me laisse envahir par cette nouvelle passion qui vint inévitablement déséquilibrer mon quotidien. Plus de temps pour moi. Il s’ensuit des phases de doutes et de découragements.

Puis je me dis que si un processus m’apporte autant de satisfaction que le résultat qui en découle, ce n’est pas pour rien. C’est probablement un signe. Alors je m’accroche.

Après plusieurs mois d’une aventure totalement secrète, je partage mes premiers écrits avec certains de mes proches. Les retours sont encourageants. Mes premiers lecteurs sont tellement enthousiastes, que je me suis alors dit « peut-être que ça peut plaire à d’autres gens finalement ? ».

Un jour mon fils de 5 ans, me dit « maman, moi aussi je vais écrire un livre. Je veux faire comme toi. » Et il réalise plusieurs dessins, en inventant une histoire. Très concentré, il assemble les feuilles pour en faire des pages. Et au bout de plusieurs heures de travail, l’ouvrage terminé, il s’est senti fier de lui.

Et moi je me suis dit, que si demain je pars, mes fils se souviendront peut-être d’une maman qui s’efforçait de réaliser les rêves qui lui tenaient à cœur. Si demain je pars, mes écrits eux resteront et auront leurs propres vies, leurs propres valeurs.

J’ai alors décidé de croire en moi, d’aller jusqu’au bout de mon projet et de poursuivre l’aventure en le partageant maintenant avec vous. Et je vous rassure, depuis, j’ai presque retrouvé l’équilibre…

Bien à vous 

Noucia ADAMS.